Marc Chagall, le Sofer écrit en yiddish lors d'un mariage


Sofer


L'emblème de ce site vient de l'un des sept panneaux peints par Marc Chagall en 1920 pour le théâtre juif de Moscou qui représente un scribe traditionnel juif, un Sofer, écrivant non pas la Torah en hébreu, mais une histoire en yiddish: «Il était une fois…». Le contexte narratif est celui d'une fête de mariage avec musique et danse.

Le Sofer semble inscrire avec application et détachement des histoires qui présagent le destin des fiancés, et de nous tous, dans le Livre de la Vie. Il ressemble à un Evangéliste rédigeant les Saintes Ecritures, et tout comme Saint Luc, il est représenté avec un taureau… sauf que chez Chagall ce n'est pas un taureau mais une vache blanche qui semble meugler en hébreu [ou plutôt en yiddish] «Chagall».

Ekaterina Selezneva, Panneaux de Marc Chagall pour le théâtre juif de Moscou, dans Museum Frieder Burda, Chagall dans une nouvelle lumière, Exposition à Baden-Baden 2006, Catalogue en version française, Ostfildern, Hatje Cantz Verlag, 2006, p.86.

Literature (“Torah Scribe”) shows a scribe, a traditional sacred profession dedicated to the careful copying of Torah scrolls, which must be copied without a single error or blemish. He wears a prayer shawl at his holy work; yet he is writing not a Hebrew sacred text but a Yiddish folk story: “once upon a time” (A Mol Iz [Geven]). Yiddish literature takes over the role of religion. Above, behind the blue space, a yearning animal moos, “ShAGALL” in Yiddish, with the last two letters A and L inverted to the Russian side. And the chair, carried by a boy in the back, as if behind the globe of the universe, has a sign: DER T[eatr] (“The Th[eater]”).

Benjamin Harshav, Marc Chagall and the Lost Jewish World, New York, Rizzoli, 2006, p.190. Reproduction n°117, p.203.

Literature, 1920
Tempera and gouache on canvas, 215.9 x 81.3 cm
Tretyakov Gallery, Moscow


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